Tchaïditoo

17 avril 2009

De brèves salutations

Hello à tous ceux que je connais, bonjour au reste, et tchao à ceux qui n'en ont rien à foutre.
Comme il est de coutume d'expliquer le but du blog, en voici quelques mots, et si vous avez la chance de le lire avant que je le vire c'est bien.

"J'ai renoué avec les mots. Je sais les lire, je sais les écouter. Je sais les écrire, je devrais bientôt apprendre à les parler. Ensorcelée par leurs vibrations, je les lis, ils sont magique, en harmonie. Ils sont beaux les mots. Ils savent tout dire, quand ils sont chargés correctement. C'est une véritable musique, depuis que je sais les écrire je m'efforce de leur rendre justice, de bien les écrire, bien les prononcer. Même s'ils ne sortent pas toujours comme je veux, sur papier ils prennent une drôle d'allure...."

J'ai choisi d'écrire ici pour exorciser en quelque sorte la passion que j'éprouve envers les mots. Encore plus que les images, ces mots prennent toute la place, depuis toute jeune je les admire, je les observe, je perce leur sens. C'en est devenu presque une obsession. Je peux les regarder, parfois sans en chercher un sens. Je me suis mise à collectionner les bouquins, déjà que mes parents en avaient des tas, j'en ai trouvé plusieurs à mon goût. Je ne les lis pas forcément. Je les entrepose, à la vue, comme pour faire une collection de mots. C'est bien beau les pages blanches, mais ça ne raconte rien.
Quand il s'agit de raconter, il parait que j'ai un certain talent. En fait, je considère que les mots ne sortent pas comme je le voudrais... Je peux sortir de belles phrases, mais dans ma bouche elles sonnent faux. J'ai de la difficulté à les apprivoiser, je les laisser m'emporter pour aller rêver ailleurs. Plus que les images c'est eux qui me bordent la nuit, quand toutes les pensées se mettent à défiler. Je suis en compagnie de gens, mais on ne dessine pas, on se raconte des histoires.
Et même, juste penser aux mots, en écrire, j'ai les bras qui tremblent et une drôle de sensation dans le ventre, encore cette impression qui vient...
Je vais m'arrêter là je crois, on en gardera pour plus tard, même si je sais qu'il y en aura toujours...

Bref'...

Posté par Tchaiditoo à 02:25 - Parenthèses - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


Le jour où...

Voilà un poème que j'ai écrit il y a de cela bientôt 2 ans, ma vision a eu le temps de changer 1001 fois depuis, mais les mots en restent beaux.

Le jour où je perdrai mon sourire
Où je vous regarderai avec indifférence
Où tout me fera souffrir
Sans que j'y oppose la moindre résistance

Le jour où je cesserai de croire à un monde meilleur
Où chacun a sa place
Où tous connaissent le bonheur
Et sont disparus tous les sentiments néfastes

Le jour où je jetterai mon passé
Tous mes souvenirs, toute mon enfance
Tout ce que j'ai jadis aimé
Du temps de mon insouciance

Ce jour vous pourrez pleurer pour moi
Pour le salut de mon âme
Parce que moi
Je n'en serai plus capable

Posté par Tchaiditoo à 02:28 - Poésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Le trésor

Encore un vieux, mais toujours aussi puissant.

Tu peux pleurer toutes les larmes de ton corps
Déverser un torrent qui déplace les forteresses
Tu ne feras que noyer le trésor
Dans l'océan de ta tristesse

En tentant de l'atteindre tu perdras le souffle
Tentant de prendre une bouffée d'air tu ravaleras tes larmes
Te ramenant vers le fond du gouffre
Au plus profond tu resteras sans armes

Puis, quand le soleil aura fait son travail
Transformant toute cette eau en gros nuages gris
Ne restera plus sur le sol que le sel et le corail
Un monde blanc, triste s'étendant à l'infini

Dès lors, à partir de ce moment
Le trésor redeviens accessible
Grugé par le sel et rouillé par le temps
Il est moins attirant et d'autant plus fragile

Tu le prends, le câline
Il se brise dans tes bras
Regardant ses restes, tu chagrines
Regrettant le temps qui n'est pas

Tu marches alors, tentant de te réconforter
Le vent se lève
Le sel qui jusqu'alors restait à tes pieds
S'envole pour brûler ton visage et tes lèvres

D'un pas traînant tu cherches à avancer de plus en plus
Tu n'es plus que l'ombre de toi-même
Hélas le trésor n'existe plus
Brisé comme l'est ton coeur à l'instant même

C'est l'âme dévastée
Que tu vas t'asseoir enfin
Rêvant de ton trésor gâché
Tu restes là à fixer le lointain...

Posté par Tchaiditoo à 02:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

À toi..

J'ai envie qu'on s'unisse
Et que le destin s'accomplisse
Crier à l'unisson
Les flammes de notre passion
Transcendante, jusqu'au bout des doigts
Et mordre dans ta chair
Savourer ton contact
Et consummer jusqu'à la fin des temps
Le lien qui nous unit
Pour habiter le monde
Qu'on a créé ensemble
Le peindre en rouge
En violet, en bleu, en vert
Et contempler notre oeuvre
Du haut de notre loge
Là où Chaos et Nous ne font plus qu'Un
Éliminons le temps
Éliminons ce monde
Au-delà de la Grande Illusion
Rejoins-moi...

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Posté par Tchaiditoo à 02:41 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

L'homme qui perdit sa main droite

Voilà 8 ans déjà que j’y participe, 8 ans que je me rends si près du but mais aucune chance de l’atteindre. Ces imbéciles se croient plus forts que moi mais ils ne savent pas apprécier le vrai talent.

Eux, avec leurs habits tous pareils, leurs peintures toutes pareilles, leur attitude de clones, et moi le petit idiot de service et manchot en plus du reste. Ils me font pitié, et dire que j’étais comme eux avant… Toujours levé à 6h du matin, déjeuner rapide et en route vers le travail, qui ne se terminait que tard en soirée à cause des documents importants à gérer.


Et même quand ils étaient parfaitement gérés et classés ils causaient problème ça cause des incompatibilités avec tous les autres dossiers. Même si tout le monde au bureau pensait pareil, étrangement tous les projets s’éloignaient les uns des autres, du coup il fallait toujours faire des heures supplémentaires, non payées, assurément, à cause des restrictions de budget. Si nous voulions un minimum de profits il ne fallait pas le dépasser. En fait, je me demande encore à quoi cela pouvait-il bien mener, quelle était la différence entre le salaire et les profits? Le monde de la gestion est assurément le moins bien géré qui soit, ce qui est sûrement dû au fait qu’il ne faut pas être humain pour en faire partie.

Voilà ce que j’étais, un robot chargé théoriquement de trouver des solutions mais qui en pratique ne faisait que remplir de la paperasse, car innover coûtait trop cher et ne devait être utilisé qu’en dernier recours pour battre les concurrents.

Si je n’avais pas eu cet accident, il y a de cela plus de 8 ans et demi, j’y serais encore. La perte de ma main a sans doute réveillé en moi l’étincelle d’humanité qui sommeillait depuis mon plus jeune âge, quand elle a été écrasée par la dure réalité de la vie. Et ce n’est pas n’importe quelle main que j’ai perdue.
C’était la droite.
La main qui est naturelle d’utilisation chez la majorité des gens, celle qui jure sur la bible, qui serre la main des chefs pour qui on a voté en espérant toujours naïvement qu’ils changent les choses. Eux aussi, au final, découvrent qu’innover est difficile et se soumettent à la volonté la plus forte, c’est-à-dire ne rien faire sauf boucher les trous qui commencent à s’élargir dangereusement. C’est cette main que j’ai perdue, celle du droit chemin.
Comment se forcer à se réadapter pour fonctionner de l’autre main quand on a été droitier pendant 46 ans?

Le plus dur a probablement été le changement d’attitude des gens à mon égard. Avant, je ne me faisais jamais remarquer. Maintenant, c’est comme si j’avais été enlevé par des extra-terrestres, fait greffer divers membres et renvoyé chez moi. Tout ça à cause d’une main perdue. Bien entendu, j’ai perdu mon emploi. Remplir des rapports de la main gauche, qui ne sait pas écrire, ça ne fonctionne pas.

Je me suis très vite retrouvé seul chez moi, honteux de sortir à cause de mes gestes maladroits. Je ne pouvais rien faire d’autre que de me morfondre, car même si mon travail ne donnait absolument rien, il occupait tout mon esprit et je n’avais plus besoin de réfléchir, alors que maintenant toutes les pensées que j’avais tenté de fuir m’assaillaient.
J’étais impuissant face à un tel déversement, dès que j’essayais de me concentrer sur une seule idée toutes les autres redoublaient d’ardeur pour se faire entendre à leur tour. La tempête que je retenais et redoutais depuis tant d’années s’est enfin déclarée.
À un moment, je n’en pouvais plus de lutter je suis parti m’étendre et d’un coup j’ai perdu conscience. Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans cet état, comme si la notion du temps s’était soudainement effacée de mon esprit.

Première constatation, c’était silencieux dans ma tête.
Deuxième constatation, je n’avais ni faim, ni soif, ni aucun autre désir.

Je ne savais pas quoi faire. Je me suis donc levé et dirigé vers le salon, non sans noter l’étrange impression qui s’était emparée de la maison. Instinctivement, je me suis assis sur le divan, j’ai pris la télécommande et j’ai allumé la télévision.
Un flot de pensées m’assaillit, tout ce qu’il y a de plus désordonné et j’étais dans l’incapacité d’en saisir un seul mot. Je tentai de reprendre la télécommande mais je ne réussis qu’à augmenter le volume, ce qui eut l’effet d’une bombe; une explosion et puis plus rien. Encore une fois je perdis conscience et quand je me réveillai, la télévision était éteinte en face de moi sans que j’aie le moindre souvenir de l’avoir fait.

Je devais probablement l’avoir éteinte sans m’en rendre compte. Je constatai que le calme était de retour dans ma tête et je décidai de ne pas trop forcer.


Comme je ne savais pas trop quoi faire, je décidai d’arpenter la maison. Malgré le fait que j’y avais grandi et habité toute ma vie, elle me semblait légèrement étrangère à mes souvenirs. En fait, c’est surtout dû au fait que je ne l’avais utilisée pendant de longues années que pour dormir. Y accorder plus d’attention aurait signifié que je voulais faire face à tout ce qui s’y était produit auparavant…

Je m’y sentais maintenant comme un explorateur, redécouvrant les objets les objets que je connaissais déjà mais cette fois en étant totalement dénué d’émotions. Je n’avais pas envie de recommencer à penser et en même temps ne rien faire me dérangeait. Je parcourus ainsi tranquillement les pièces, sans pour autant y aller en profondeur, je n’avais pas envie de tout déplacer. Je me sentais plutôt passif vis-à-vis ce qui m’entourait, comme un vieux fantôme errant dans les souvenirs de son ancienne vie.


C’est par la suite, au fil des jours, que je me mis à creuser un peu partout, explorer tous les recoins avec fébrilité. J’y découvris des centaines de projets inachevés, des dessins commencés le dimanche matin en lisant le journal, preuve que même si mon esprit était occupé à se concentrer sur les lignes insipides des nouvelles de la semaine, mon inconscient, lui, travaillait à me montrer qu’au fond il pouvait exister autre chose que le travail.

À cette époque je ne m’en souciais pas, je me contentais de prendre ces tentatives de lucidité et j’allais les ranger loin de mes préoccupations d’homme d’affaire.
Je n’ai jamais eu le courage de les jeter, malgré le fait qu’en les regardant j’étais plutôt troublé et que ces dessins tentaient d’éveiller des réflexions et des souvenirs en moi. Alors j’allais les cacher pour ensuite les oublier. C’est beaucoup plus simple que de tenter de gérer une rébellion de son propre esprit dans un monde où tout doit être ordonné.

Mes recherches me conduisirent finalement au sous-sol, le seul endroit que je n’avais pas exploré jusqu’à maintenant. Je n’y avais pas posé le pied depuis des années. C’est donc avec appréhension que je m’y dirigeai, sachant que la maison avait plus de 100 ans, elle était bien entretenue mais il arrivait régulièrement que de la vermine fasse son tour. Mais bon, je ne m’en faisais pas trop, tant que la maison gardait un semblant d’ordre et que tout ne pourrissait pas à vue d’œil, c’était supportable.
Petit inconvénient par contre, la porte du sous-sol était condamnée depuis bien longtemps. Je ne voulais tellement pas y retourner que j’ai tout fait ce que je pouvais pour résister à la tentation, car malgré la crainte que j’éprouvais à l’idée d’y remettre les pieds, il y avait toujours cette envie de retourner vers mon passé. En forçant la porte, je m’aperçus que je n’y arriverais pas avec ma seule force, j’avais donc besoin d’outils.
Par malchance, n’étant pas très manuel, je n’en avais pas à la maison. Je devais donc sortir, pour la première fois depuis des jours.

Retrouvant un semblant d’humanité en passant devant le miroir de l’entrée, je vis que je n’étais pas tellement présentable, les gens auraient beau fait de me fuir. J’aillai donc vers la salle de bains raser ma barbe de plusieurs jours. C’est avec difficulté que je le fis, n’ayant pas l’habitude de cette main, mais je me débrouillai quand même assez bien. Je m’arrangeai pour ne pas trop puer, m’habillai convenablement et ensuite je partis vers la quincaillerie.

En chemin je regardai autour de moi, légèrement surpris de voir que tout restait pareil, malgré mon changement intérieur.
Parfois mon regard s’attardait sur un objet, une personne, mais les pensées qui se mettaient à faire du bruit, telles une sonate désordonnée et incompréhensible jouée n’importe comment dans ma tête, me découragèrent vite et je me mis à regarder le sol devant moi.
Parfois mes yeux se déplaçaient pour fixer dans les yeux une personne jadis connue et avec qui je m’entendais bien, mais cette dernière avait tôt fait de détourner le regard d’un air gêné. Je ne faisais plus patrie du même monde il faut dire. Eux restaient pris dans leur travail, dans leurs obligations, tandis que moi je me retournais vers mon passé.

Une lumière s’était allumée pour me permettre de voir aux alentours plutôt que de me faire miroiter au loin un avenir dont je ne connaissais absolument rien et qui persistait à s’éloigner chaque fois que je croyais prendre un peu d’avance.
Les absolus c’est bien qu’en rêve, et encore pas trop longtemps.

Enfin arrivé à la quincaillerie, je vis que c’était le fils du propriétaire qui était en poste à cette heure. J’eus un brin de satisfaction, les jeunes ont cette attitude qui rejette les idées préconçues de leurs ainés. Et je n’avais justement pas besoin de me faire remettre sous le nez que je devrais bientôt me trouver un moyen de subvenir à mes besoins, étant maintenant sans emploi. Être dans cette situation en société consiste en un suicide pour beaucoup de gens.
Mais comme on dit, il faut bien mourir un jour, et pourquoi pas maintenant? On passera à autre chose après.

Tout en vaquant à ma recherche d’outils, j’observais d’un œil discret le jeune vendeur, qui n’avait pas l’air de s’apercevoir de ma présence. Il restait là, accoudé au comptoir, à lire un magazine. Il avait bien l’air d’un humain normalement constitué selon ce que je pouvais en voir. Auparavant, je les considérais comme de la vermine à abattre qui pourrissait tout ce qu’on avait établi à coups de rébellions et de révoltes, de cris et de slogans tapageurs. Mais tout le monde a déjà été jeune, à subir l’oppression sociale de tous côtés, obligé de faire des choix difficiles en un temps record car tout file tellement vite durant la jeunesse. Les hormones prennent le dessus, aidés par toutes les influences extérieures, les pressions sociales, la matière à apprendre à l’école… Après toutes ces épreuves, il n’est pas étonnant que les adultes soient fous.

Perdu dans mes pensées, je ne m’aperçus qu’au dernier moment que je venais de m’accrocher dans une scie posée négligemment sur une étagère, ce qui la fit tomber. Pris d’un réflexe de fou, je tendis la main juste en-dessous. La scie tomba sur le sol avec un bruit de métal qui alerta le jeune, tandis que je restais là, abasourdi, la main tendue.
Enfin, plutôt le moignon tendu…
L’espace d’un instant j’avais cru au miracle et je sentais comme avant la main au bout de mon bras.
Il m’arrivait encore, dans des moments de fatigue, de sentir mes articulations de la main droite se plier, comme si elle y était encore. Mais dès que, dans un élan de lucidité, j’essayais de la voir, je constatais avec une certaine tristesse qu’elle n’avait pas repoussé pendant la nuit. Au moins, puisqu’elle n’y était pas ce jour-là, elle n’a pas été blessée par la scie. Par contre, si elle était encore de ce monde, elle aurait été ailleurs à travailler…

Le jeune, ramassant la scie, me lança un regard légèrement ahuri, mais de très loin plus chaleureux que tous les autres que j’avais reçus jusqu’à maintenant. Il ramassa la scie et, d’un geste habile, la reposa à sa place habituelle, sur son support. Puis, sans un mot, retourna derrière son comptoir.
Quelques minutes plus tard, je vins l’y rejoindre, ayant trouvé tout ce dont j’avais besoin.
Il se montra tout aussi patient et silencieux tandis que je me débrouillais avec ma seule main pour lui présenter tous les articles. Puis, quand le tout fut payé, il me serra la main.
À mon grand étonnement, il me présenta le bras gauche. C’est alors que je remarquai, pour la première fois, qu’il lui manquait une partie du bras droit. Voyant mon étonnement, il esquissa un sourire en coin et une étincelle passa dans ses yeux tandis qu’il me souhaitait une bonne journée.

En sortant du magasin, je me dirigeai vers le premier téléphone public pour appeler un taxi, ne pouvant pas tout transporter moi-même.
Tandis que j’attendais son arrivée, mon regard fut attiré par une boutique inconnue, qui venait sans doute d’ouvrir, ou du moins récemment. Sur la devanture était peint un jardin, probablement le Jardin d’Éden, si l’on se fiait à la pomme dessinée en plein milieu, un serpent enroulé autour.
Une liste y décrivait divers matériaux d’artiste et d’arts visuels. Je me promis d’y faire un tour dans les prochains jours, ayant toujours été attiré par les belles choses.

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